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Togo : l’État à l’œuvre au renforcement l’inclusion et l’harmonie sociale

Au fil des années, le Togo a multiplié les initiatives visant à consolider la cohésion sociale, la réconciliation nationale et le vivre-ensemble. Nombre de ces actions, portées par l’État, s’inscrivent dans une volonté de tourner les pages douloureuses de l’histoire et de bâtir une nation plus unie.

Au cœur de cette dynamique figure la Feuille de route gouvernementale 2020-2025, dont l’axe 1 ambitionne de « renforcer l’inclusion et l’harmonie sociales ». Une orientation qui s’est traduite, ces dernières années, par des investissements sociaux d’ampleur.

En 2023, par exemple, le ministère de l’Action sociale indique que plus de 933 000 personnes vulnérables ont bénéficié d’une forme d’assistance publique : prise en charge médicale des indigents, appui aux personnes handicapées, soutien aux victimes de catastrophes, ou encore accompagnement des déplacés internes. Les femmes et les filles représentaient plus de 54 % des bénéficiaires, illustrant une volonté d’agir sur les inégalités structurelles.

La Commission vérité, justice et réconciliation (CVJR)

Mise en place en 2009, la CVJR a constitué une étape majeure dans le processus de réconciliation nationale. À travers les auditions des victimes et des auteurs de violences politiques, elle a permis de faire la lumière sur les événements ayant marqué le pays entre 1958 et 2005, tout en formulant des recommandations pour restaurer la confiance entre les Togolais. Dans la continuité des travaux de la CVJR, le Haut-commissariat à la réconciliation et au renforcement de l’unité nationale (HCRRUN) œuvre à la mise en œuvre des réparations, notamment l’indemnisation des victimes et des ayants droit.

Ce processus, à la fois symbolique et concret, contribue à apaiser les mémoires et à reconnaître les souffrances endurées. En 2025, l’institution a organisé 5 sessions d’indemnisation dans les villes de Lomé, Guérin-Kouka et Sotouboua, contre 9 sessions en 2024. Cette baisse s’explique par l’avancement progressif du processus.

Au titre de l’étape 8 du programme de réparations (2024-2025), 2 838 victimes ont été indemnisées. Depuis le début du processus en 2017, 33 331 victimes ont ainsi bénéficié d’une indemnisation financière ou d’une prise en charge.

Il reste encore environ 2 319 victimes à indemniser. In fine, les ressources mobilisées au cours des 8 étapes s’élèvent à 29,8 milliards de francs CFA. Une attention particulière est accordée aux enfants. À ce jour, le HCRRUN a recensé et enrôlé 209 orphelins, dont 183 en 2024 et 26 en 2025. Parmi eux, 57 % sont des filles. Ces enfants bénéficient de bourses scolaires et d’aides à l’apprentissage de métiers, conformément à la recommandation n°49 de la CVJR.

Parallèlement, des réparations communautaires ont vu le jour : établissements scolaires, centres de santé, infrastructures d’eau potable et centres de retrouvailles, ainsi que la restitution de biens spoliés lors des troubles politiques.

Selon l’ONG Aimes-Afrique, partenaire technique du HCRRUN, le taux de satisfaction des victimes atteint 99,65 %, un indicateur rare pour des processus de réparation aussi sensibles.

Dès le lancement du programme, le président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, avait fixé une ligne claire : « Faire qu’aucune victime recensée ne soit laissée pour compte ». Une exigence qui, au-delà du HCRRUN, irrigue désormais l’ensemble des politiques publiques.

La cohésion sociale par le développement local

Depuis 2022, le Togo met en œuvre, avec l’appui de la Banque mondiale, le Projet de cohésion sociale des régions du Golfe de Guinée (CoSo). Celui-ci finance des infrastructures communautaires, des activités génératrices de revenus et des services sociaux de base dans plusieurs préfectures.

En mai 2024, le projet avait déjà permis la mise en œuvre de 305 sous-projets communautaires visant la construction de 377 infrastructures sociales dans 29 cantons concernés. Près de 13,3 milliards de francs CFA avaient été investis à cette date dans la réalisation de 50 infrastructures communautaires, notamment 43 forages photovoltaïques, 5 bâtiments scolaires et 2 centres communautaires.

De manière concrète, ces investissements améliorent l’accès à l’eau potable, à l’éducation et aux espaces communautaires…autant d’éléments essentiels pour renforcer la cohésion sociale à la base, réduire les tensions intercommunautaires et créer des conditions plus favorables au vivre-ensemble.

En fait, toutes ces mesures traduisent une stratégie étatique visant à rassurer, intégrer et rassembler les citoyens autour d’un projet commun de paix, de développement et de responsabilité partagée.

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