Home politique Paix dans les grands lacs : Faure Gnassingbé appelle à « des compromis durables »

Paix dans les grands lacs : Faure Gnassingbé appelle à « des compromis durables »

Une réunion de Haut-Niveau s’est tenue samedi 17 janvier 2027 à Lomé. La rencontre qui a mobilisée les protagonistes portait sur la cohérence et la consolidation du processus de paix en République démocratique du Congo et dans la région des Grands Lacs. Principal médiateur dans la résolution de cette crise, le président du conseil togolais Faure Gnassingbé a appelé les différents acteurs à des compris durables, ceci à travers son discours d’ouverture dont nous vous proposons un extrait.

« La situation en République démocratique du Congo et dans la région des Grands Lacs nous oblige à la cohérence de l’action. Les efforts récents ont permis de maintenir un espace politique actif. C’est un acquis important. Mais cet espace doit désormais produire des compromis durables. Des compromis capables de résister au temps, aux chocs, et aux fragilités du contexte régional et international.

C’est pourquoi je voudrais commencer cette réunion en partageant avec vous quatre messages clairs qui, selon moi, pourraient guider notre travail.

Mon premier message, c’est que cette réunion de haut-niveau à Lomé est un moment de vérité pour l’action africaine. Au cours de nos travaux, nous devons de montrer notre capacité à ordonner nos efforts, à assumer nos responsabilités et à tenir un cap commun, même dans un environnement régional fragile, et dans un monde de plus en plus fragmenté.

Pour le médiateur Faure Gnassingbé, l’enjeu est simple, mais exigeant. Lomé ne doit pas être une conférence de plus. Ce doit être un moment de clarification politique. Ce moment engage notre crédibilité collective. Il engage la capacité de notre continent à traiter ses crises les plus complexes avec lucidité, cohérence et constance.

L’Afrique ne doit pas échouer dans sa mission de paix. L’enjeu est donc d’abord celui des conditions d’une paix durable en RDC et dans les Grands Lacs. Il est aussi celui de la maturité politique de l’action africaine face aux défis de sécurité et de stabilité du continent. Mon deuxième message, c’est qu’il n’y aura pas de paix durable en République démocratique du Congo sans davantage de cohérence stratégique.

Il ne suffit pas de proclamer la paix. Il faut la construire dans le temps. Et nous savons qu’elle s’affaiblit lorsque les initiatives se juxtaposent sans coordination. L’expérience récente nous l’a montré : la fragmentation des cadres, des médiations et des initiatives affaiblit la paix plus qu’elle ne la sert. Nous avons besoin de réaliser ici un saut qualitatif en matière de cohérence. Nous devons faire en sorte que chaque effort contribue à une dynamique commune et non à une dispersion des stratégies. La cohérence n’est pas un slogan diplomatique, c’est une condition opérationnelle de notre succès.

L’objectif central de cette réunion de haut-niveau est précisément de restaurer cette cohérence : de renforcer l’alignement, la complémentarité et la lisibilité de l’action africaine. Cette cohérence doit être triple :

• D’abord, une cohérence politique entre les Etats de la région, pour réduire les malentendus et reconstruire la confiance.

• Ensuite, une cohérence institutionnelle entre l’Union africaine, les Communautés économiques régionales et les facilitateurs, pour éviter les chevauchements et les contradictions.

• Enfin, une cohérence opérationnelle, entre les décisions prises au sommet et leur traduction concrète sur le terrain. Mon troisième message, c’est que le processus africain unifié doit maintenant devenir pleinement opérationnel. Nous disposons d’un cadre politique clair : le processus africain unifie, place sous le leadership de la Médiation de l’Union africaine. Mais l’histoire des processus de paix nous enseigne une chose essentielle… ».

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