CARING FOR ALL : EN guerre contre la drépanocytose, (Interview exclusive) témoignage, émotion et perspectives pour le Togo, Madame Catherine STONE déballe tout

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De nationalité américaine mais d’origine togolaise, elle est la Présidente de l‘ONG CARING FOR ALL (CARFA), créée aux Etats-Unis d’Amérique. Catherine STONE, puisque c’est bien d’elle qu’il s’agit a bien voulu revenir s’installer dans son pays d’origine pour mener son combat contre la drépanocytose et autres maux qui minent la société togolaise parlant du viol, de l’excision, de l’assistance aux adolescentes filles mères abandonnées et autres. Depuis quelques années déjà, elle et son équipe ne cessent de parcourir le territoire togolais à la rencontre des populations pour les sensibiliser et sauver des vies notamment dans les régions maritime et de la Kozah. Dans cette interview accordée à la Rédaction de votre journal en ligne Reporterdafrique, la présidente Catherine parle de sa vision de parvenir à un monde sans drépanocytose, (0 bébé drépnocytaire) de témoignages et constats sur le terrain face aux douleurs de citoyens victimes de ces différents maux dans le pays.

Mme Catherine STONE, Présidente de L’ONG CARFA

Reporterdafrique : Madame Catherine STONE , bonjour

Catherine STONE : Bonjour Reporterdafrique.

Parlez-Nous de votre engagement contre la drépanocytose à travers votre ONG CARING FOR ALL. 

Catherine STONE : J’ai bien voulu quitter les États-Unis (USA) pour venir m’installer à Lomé afin d’aider mes frères et sœurs ici. Ce qui m’a motivé à implanter cette ONG pour m’occuper spécialement des enfants qui ont des maladies génétiques qui auraient pu être évitées, c’est que moi-même j’ai une petite histoire. Le bon Dieu m’a donné un seul enfant qui est né d’une maladie qui aurait pu être évitée. Cette maladie est la drépanocytose. C’est une maladie qui ronge les os des enfants et leur fait mal. Tu vois ton enfant souffrir mais tu ne peux pas l’aider, tu le vois mourir. C’est ça en fait. Alors je me suis dit si moi je suis passée par cette expérience pourquoi ne pas la partager avec mes frères et sœurs jeunes spécialement ceux en âge de procréer. Voilà la raison fondatrice de L’ONG CARING FOR ALL (CARFA). Et cette organisation ne fait pas que ça. Quand bien même que la drépanocytose est notre cheval de bataille, nous nous occupons aussi des veuves, des enfants abandonnés, spécialement des jeunes filles mères abandonnées, des orphelins, des enfants excisés et aussi des victimes de viol.

Reporterdafrique : Alors pour relever le défi on vous voit sillonner le territoire togolais à la rencontre des populations, expliquez-nous votre démarche sur le terrain.

Catherine STONE : A l’ONG CARING FOR ALL, nous pensons que l’éducation vient des parents et elle est le socle d’une vie réussie. Et donc nous parcourons les coins et recoins du Togo à la rencontre des parents et des jeunes pour éclairer leurs lanternes sur le danger socio-économique que représente la drépanocytose pour les ménages. Ainsi, nous demandons aux jeunes d’écouter leurs parents avant de s’engager dans toute relation amoureuse. Parce que nous estimons que si les jeunes sont sensibilisés tôt, on aurait pu éviter qu’ils fassent des enfants qui leur porteraient des malheurs toute leur vie.

Et sur ce coup, je vais vous faire des confidences de trois différents villages que j’ai parcouru. C’est le témoignage vivant d’une dame qui a son enfant atteint de la drépanocytose à l’intérieur du pays. Ce bébé âgé seulement d’un an (1) est malade parce que ses parents n’ont pas été sensibilisés. Cette dame m’affirmait que son enfant a été envouté par un habitant du village et voulant se débarrasser, elle a pris son enfant de (1) an et elle est allée le jeter dans la brousse. Malheureusement cet enfant a été retrouvé mort le lendemain parce que dévoré par les animaux. 

Encore un autre témoignage : C’est celle d’une autre femme qui prend son enfant drépanocytaire et le dépose sous la pluie estimant qu’il parait que c’est sous la pluie que l’enfant pourra trouver sa guérison. Et bonjour les dégâts, l’enfant ne pouvant pas supporter le froid est mort. 

Une troisième femme a plutôt affamé son enfant lui aussi drépanocytaire jusqu’à ce que l’enfant en meurt. Ce sont là des réalités cruelles et dégradantes dans nos villages où les enfants drépanocytaires naissent abondamment parce que là, les gens ne sont pas sensibilisés, personne ne teste personne, parce qu’on leur impose le mariage. 

Vous comprenez maintenant le sens de notre combat, il est question pour CARING FOR ALL de sauver la vie de ces enfants innocents qui payent le prix de l’ignorance de leurs parents.

Reporterdafrique : Que recommandez-vous alors aux jeunes pour éviter de faire des enfants drépanocytaires ?

Catherine STONE : Avant de s’engager dans toute relation amoureuse il faut s’informer sur l’état de santé de celui qu’on a choisi comme conjoint. La drépanocytose étant une maladie héréditaire, le test d’électrophorèse de l’hémoglobine s’impose pour permettre aux jeunes couples de savoir s’ils sont en mesure de faire des enfants qui seront épargnés de cette vilaine maladie . Dans cette lancée nous avons pu obtenir plus de 5000 tests à ce jour.

Reporterdafrique : Parlez-nous de vos autres actions sur le terrain

Catherine STONE : Avec l’appui des autorités togolaises, nous avons beaucoup travaillé sur le viol, et pour la petite histoire, nous nous réjouissons aujourd’hui de ce que nous avons pu mettre deux adultes (40-60 ans) qui ont commis des viols sur des fillettes de cinq et huit (5-8) ans. Ces deux messieurs sont en prison parce que pour nous, ce sont des personnes dangereuses pour la société. 

Aussi, avec la crise de la covid-19, nous avons été dans les universités, et dans les églises pour sensibiliser et distribuer les gels hydrologiques, des masques, histoire de réveiller les gens qu’il y a quelque chose de très sérieuse qui se passe.

Nous avons fait des dons, nous payons les frais d’hospitalisation et de scolarité des enfants drépanocytaires. Nous comptabilisons aujourd’hui plus de 20 prises en charges de cas de drépanocytose et 5 cas de prise en charge d’enfants victimes de viol. C’est des actes que nous avons posé et dont nous sommes fiers.

Reporterdafrique : Alors quelles seront vos prochaines actions sur le terrain 

Catherine STONE : Nous avons des sorties en perspectives pour 2021. Déjà en janvier, nous prévoyons visiter des hôpitaux où se trouvent des enfants souffrant de cette maladie. Après, nous retournons au front pour la routine de sensibilisation à l’intérieur du pays pour atténuer l’ignorance des compatriotes sur le sujet.  

Reporterdafrique : Dites-nous dans vos différentes missions avez-vous des difficultés que vous rencontrez sur le terrain ?

Catherine STONE : Nos difficultés sont d’ordre financier. Jusqu’à présent, nous fonctionnons sur des fonds propres et ça constitue un frein au rythme de nos activités.

Néanmoins, il y a quelques bonnes volontés qui ont eu écho de nous et nous sont venus en aide notamment la PROTECTRICE Assurances (PA) et L’INSTITUT SUPÉRIEUR DE DROIT ET D’INTERPRÉTARIAT (ISDI), des partenaires à qui nous disons un merci au passage. 

Alors nous demandons à toutes les bonnes volontés d’avoir une pensée à ces petites filles violées, de penser à ces enfants qui sont nés drépanocytaires sans rien demandé, d’avoir une idée à ces femmes abandonnées qui ne demandent que de l’aide pour survivre. CARING FOR ALL est là, nous lançons un appel à toute bonne volonté de nous soutenir sur tous les plans possibles notamment financier, matériel et même moral afin de nous aider à élargir nos cibles, pour sauver le maximum de vies au Togo et dans la sous-région ouest africaine dans nos différentes missions 

Reporterdafrique : Madame Catherine STONE, Merci

C’est moi qui vous remercie Reporterdafrique

Fin 

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