Togo : Lettre ouverte, des organisations de défense des droits des femmes réclament la liberté de Brigitte Kafui et Gérard Djossou

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L’actualité politique est marquée au Togo c’est derniers jours par l’arrestation de deux acteurs politiques de la Dynamique Monseigneur Kpodzro. Brigitte Kafui Adjamagbo-Johnson et son collègue Gérard Djossou étaient arrêtés et finalement détenus en prison selon les dernières informations. Les chefs d’accusations dressés contre les deux responsables de la dynamique parlent d’association de malfaiteurs et d’atteinte à la sûreté intérieure de l’État, à en croire le procureur de la République. Devant cette situation, tout comme certains partis politiques de l’opposition togolaise ainsi que bien d’autres organisations de défense des droits de l’Homme, plusieurs associations de défense des droits des Femmes montent au créneau et dénoncent une arrestation qui ne respecte pas le code de procédures pénales en vigueur au Togo. Dans une lettre ouverte adressée au ministre de la justice, garde des sceaux en date du 4 novembre dernier, 56 organisations de défense des droits des femmes dont le GF2D réclament la liberté sans condition des Brigitte et Gérard Djossou.

Photo : Brigitte et Gérard

Lisez… “Monsieur le Ministre, 

Depuis le 28 Novembre 2020, Mme Kafui ADJAMAGBO-JOHNSON, Coordinatrice régionale pour l’Afrique de l’ouest de Femmes, Droit et Développement en Afrique (WiLDAF/FeDDAF-AO) et Secrétaire Générale de la Convention Démocratique des Peuples Africains (CDPA), le 28 Novembre 2020 est détenue dans les locaux du Service Central de Recherches et d’Investigations Criminelles (SCRIC). Cette arrestation se justifie, selon le communiqué du Procureur de la République, par les besoins d’une enquête dans le cadre d’une tentative de déstabilisation des institutions de la République et d’une atteinte à la sécurité intérieure de l’Etat dans laquelle serait impliquée Mme Kafui ADJAMAGBO-JOHNSON et un autre membre du mouvement DMK.

Nous, organisations de défense des droits des femmes, sommes stupéfaites par cette arrestation en violation flagrante des dispositions du code de procédure pénale en la matière : duperie sur la convocation, non signification immédiate des charges retenues contre la prévenue pour l’interpeller, perquisition de son domicile sans mandat légal, etc. 

Nous nous posons beaucoup de questions sur le bien-fondé de cette arrestation. Mme ADJAMAGBO-JOHNSON est bien connue pour son engagement pour le respect des droits humains, de l’Etat de droit ainsi que pour son intégrité et sa moralité. Femme d’honneur qu’elle est, elle se présenterait à toute convocation de l’autorité administrative et judiciaire, d’ailleurs ne s’est-elle pas présentée d’elle-même au SCRIC dès que convoquée après sa visite à son Collègue de lutte M. Gérard DJOSSOU, détenu dans les mêmes locaux ? N’avait-elle pas collaboré avec la justice et répondu à toutes les convocations lors de la précédente poursuite judiciaire contre elle ? Pourquoi ordonner la perquisition de son domicile sans mandat, suivie de sa garde à vue sans notification immédiate de charges retenues contre elle, tout ceci au mépris des dispositions du Code de procédure pénale dont le Togo s’est lui-même doté ?

Ce constat désolant pour elle et notre pays justifie notre démarche, en tant qu’organisations de femmes défenseurs pour réclamer que ses droits soient protégés en toute circonstance.

Monsieur le Ministre, Nous, organisations de défense des droits des femmes demandons que vous fassiez prendre toutes les dispositions pour le respect total des dispositions légales et réglementaires liées à cette action. Par ailleurs, nous sommes convaincues qu’il n’est point nécessaire de maintenir Mme ADJAMAGBO –JOHNSON et son collègue en détention si tant est que l’on procède à une enquête en vue de leur inculpation. C’est pourquoi, nous vous exhortons, Monsieur le Ministre à faire prendre toutes les dispositions contre la violation des droits humains, la protection de la Dignité humaine, principes fondamentaux auxquels le Togo, notre pays, a adhéré et inscrit à l’article 16 de la Constitution. Pour terminer, Monsieur le Ministre, Mme B. K. ADJAMAGBO-JOHNSON offre toutes les garanties de représentation à toute convocation au cours de la procédure judiciaire engagée contre elle. Ainsi nous vous serons reconnaissantes de bien vouloir faire procéder à sa mise en liberté.  

Monsieur le Ministre, espérant une prompte réaction de votre part, nous vous prions d’agréer l’expression de nos sentiments respectueux”. 

Reporterdafrique 

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