Togo : Coronavirus, Alerte de Roger Mifétou, « Attention !!! Ce qui se passe est une crise sanitaire qui va devenir une crise économique voire financière »

0
1101

La pandémie liée au coronavirus débutée depuis décembre 2019 en chine n’épargne à ce jour aucun pays de la planète. Les différentes mesures prises par les gouvernements pour limiter la propagation de la maladie vont du confinement général à la mise en quarantaine des patients qui sont pour la plupart des travailleurs employés par des entreprises. Dans une interview accordée à Reporterdafrique mardi à Lomé, Roger Mifétou, Expert-comptable à Paris en France et directeur général de l’école supérieur d’audit et de de management (ESAM) , implantée dans la capitale togolaise, averti que le confinement n’est pas indiqué aux pays africains et que cette pandémie mondiale est une crise sanitaire qui va devenir une crise économique voire financière et propose des pistes aux entreprises et aux gouvernes.

Roger Mifétou, Expert-comptable et Directeur Général d’ESAM

Lisons plutôt :

Roger Mifétou, bonjour

Bonjour Reporterdafrique

La planète est actuellement en proie à une pandémie qui fait des milliers de morts à travers les pays, obligeant les entreprises et les gouvernements à prendre des mesures restrictives dans le fonctionnement de leur système pour limiter les dégâts. Quelle observation faites-vous de la situation en général ?

« Le constat aujourd’hui partout dans le monde c’est que la production est aux arrêts, c’est l’économie réelle qui est touchée, quand on met des entreprises aux arrêts c’est les fondamentaux même qui sont touchés. C’est pour la première fois qu’un virus attaque le monde entier allant d’un pays à l’autre et donc forcément au niveau macroéconomique, la crise que nous traversons est une crise sanitaire qui risque de devenir par conséquence une crise économique et financière dans le monde.

La preuve par exemple est que selon la FMI, la Chine qui avait une économie avec une croissance de 6%, le FMI indique maintenant que c’est entre 0% et 2% de croissance tout au plus ou encore en France il est indiqué qu’un mois de crise fait perdre 3 points sur le PIB. Effectivement tous ceux qui participent à la production sont maintenant à la maison, du coup, les valeurs ajoutées ne peuvent plus existées. Et face à cette situation le constat est que ce sont des montants colossaux qui partent en fumé mettant l’économie réelle en danger. Les entreprises étant aux arrêts, elles ne vendent plus, elles ne collectent plus la TVA et donc elles ne peuvent plus payer les impôts et l’Etat aura des difficultés à subvenir aux besoins sociaux et donc attention ; ce qui se passe est une crise sanitaire mais qi devient une crise économique qui ma foie va devenir une crise financière ».

Alors devant une telle situation quelles solutions proposez-vous à l’Etat et aux entreprises ?

« J’entends certains parler de confinement, mais je dis dans cette affaire la comparaison n’est pas raison, si le confinement personnel marche ailleurs c’est une bêtise dans nos pays africains parce qu’on n’est pas au même niveau de développement que les occidentaux. On sait que dans nos pays, la plupart des gens n’ont pas un salaire fixe et il faut qu’ils sortent chaque jour pour aller travailler et trouver le pain quotidien. Alors si vous décidez de les confiez, mais il faut que les gens mangent et entre deux mots il faut choisir. Soit ils mourront de faim ou ils mourront de coronavirus. Et moi je pense que ce que nos gouvernements font actuellement en évitant le confinement est une bonne chose étant donné qu’ils n’en ont pas les moyens. Puis que ceux qui font le confinement (les pays européens) ont les moyens.

Dans ce contexte, Il faudra que des bonnes volontés ainsi que les experts comptables aident notamment les entreprises à combler le besoin en fonds de roulement et à mettre en place des outils de redressement économique. Les entreprises ne peuvent pas maintenir les salaires si elles n’ont pas les moyens. De façon conjointe, l’Etat et la banque centrale doivent accompagner les entreprises à payer les salaires. Pour sa part, la banque centrale doit faire en sorte que le taux de crédit aux entreprises soit faible en ces périodes de crises et échelonner les échéances de crédits sur le long terme parce que pour relever de cette crise on en aura pour plusieurs mois ».

Reporterdafrique

Visitez nous

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here