Destruction alarmante de la Biodiversité mondiale…Des rapports internationaux appellent à des actions d’envergure

0
425

Le rapport de la Plateforme Intergouvernementale sur la Biodiversité et les Services Ecosystémiques (IPBES), fruit de trois ans de recensement et d’analyse de données par plusieurs centaines d’experts, sur l’état de la biodiversité mondiale, révèle que 75% de l’environnement terrestre est « gravement altéré ». Et 66% de l’environnement marin est touché.

Un million d’espèces animales et végétales risquent de disparaître dans les prochaines années de la surface de la Terre et du fond des océans.

Au total, plus de 40 % des espèces d’amphibiens et environ 10% des insectes sont menacées d’extinction. C’est aussi le cas de près de 33% des récifs coralliens, des requins, et plus de 33% des mammifères marins. Le nombre d’espèces exotiques envahissantes a augmenté de 70% depuis 1970 dans 21 pays ayant des dossiers détaillés sur le sujet. 55 % de la zone océanique exploitée par la pêche industrielle. Dans ce désastre, la part de responsabilité des humains est immense.

« Cette perte est la conséquence directe de l’activité humaine et constitue une menace directe pour le bien-être de l’humanité dans toutes les régions du monde », explique le Professeur Josef Settele, Co-président de l’évaluation.

 

Photo: Un éléphant tombé sous l’effet du réchauffement climatique

Une menace causée par l’Homme

En effet, la déforestation, l’usage de pesticides, la pêche et la chasse bref, les activités humaines dans leur globalité sont à l’origine d’une baisse de 60 % de la faune mondiale. Le déclin de la biodiversité est aussi causé par les industries extractives, la destruction des habitats, l’industrialisation de l’agriculture, l’utilisation massive de pesticides, la dégradation des sols, la surpêche, la surpopulation humaine, le changement climatique, les déchets plastiques, l’étalement urbain, la surconsommation et le soutien à tout prix de la croissance économique par les États de la planète.

Les principaux facteurs indirects comprennent l’augmentation de la population et de la consommation par habitant. Depuis 1970, la population mondiale est passée de 3,7 à 7,6 milliards, une augmentation inégale selon les pays et les régions. La pollution par les plastiques a été multipliée par dix depuis 1980, créant un dommage à la nature, environ 300-400 millions de tonnes de métaux lourds, solvants, boues toxiques et autres déchets issus des sites industriels sont déversés chaque année dans les eaux du monde, et les engrais qui arrivent dans les écosystèmes côtiers causent de graves désagréments à la biodiversité.

A cela s’ajoute les émissions de gaz à effet de serre qui ont été multipliées par deux ces dernières années provoquant une augmentation des températures moyennes mondiales d’au moins 0,7 degré Celsius. « Les activités humaines menacent d’extinction davantage d’espèces au niveau mondial que jamais auparavant », avertit solennellement l’IPBES, qui fait état d’un taux actuel d’extinction « au moins des dizaines ou des centaines de fois supérieur à ce qu’il a été en moyenne durant les dernières 10 millions d’années ».

La santé des écosystèmes dont nous dépendons, comme toutes les autres espèces, se dégrade plus vite que jamais, résume le président de l’IPBES, le Britannique Robert Watson. «Nous sommes en train d’éroder les fondements mêmes de nos économies, nos moyens de subsistance, la sécurité alimentaire, la santé et la qualité de vie dans le monde entier». Mais, ajoute-t-il, « il n’est pas trop tard pour agir, mais seulement si nous commençons à le faire maintenant à tous les niveaux, du local au mondial ».

 

Photo: Un fleuve envahit par des plastiques

Qu’importe-t-il de faire ?

Le caractère particulièrement grave de la situation appelle à un changement de comportement fondamental à l’échelle d’un système mondial, qui prend en considération les facteurs technologiques, économiques et sociaux, y compris en termes de paradigmes, objectifs et de valeurs. La très grande majorité des décisions politiques reste profondément entravée par le souci de faire de l’argent, d’augmenter la croissance et le développement économique, peu importe les conséquences (écologiques, mais aussi sociales ou géopolitiques).

Il est aussi important d’inclure différents systèmes de valeurs, intérêts et visions du monde dans la formulation des politiques et des actions. Cela inclut de veiller à ce que la participation des peuples autochtones et des communautés locales soit pleines et effectives dans la gouvernance, la réforme et le développement des structures d’incitation et à ce que la prise en considération de la biodiversité soit prioritaire dans la planification de tous les secteurs clés.

 « Dans toutes les cultures, les humains apprécient intrinsèquement la nature. La magie de voir des lucioles clignoter longtemps dans la nuit est prodigieuse. Nous puisons notre énergie et nos nutriments dans la nature. Nous trouvons dans la nature des sources de nourriture, de médicaments, de moyens de subsistance et d’innovation. Notre bien-être dépend fondamentalement de la nature. Nos efforts de conservation de la biodiversité et des écosystèmes doivent s’appuyer sur les meilleures connaissances scientifiques que l’humanité puisse produire », indique Achim Steiner, Administrateur du Programme des Nations-Unies pour le développement.

Le rapport souligne l’importance, entre autres, d’adopter une gestion intégrée et des approches intersectorielles. Elles doivent prendre en compte les compromis entre la production alimentaire et celle de l’énergie, les infrastructures, la gestion de l’eau douce et des zones côtières, ainsi que la conservation de la biodiversité. Le rapport identifie par ailleurs l’évolution des systèmes financiers et économiques mondiaux comme un élément clé des politiques futures plus durables.

La biodiversité est le tissu vivant de notre planète. . En outre, la perte de biodiversité touche de manière disproportionnée les populations les plus vulnérables, aggravant ainsi les inégalités. Nous dépendons fondamentalement de cette diversité du vivant dans ce qui nous constitue en tant que sociétés.

Reporterdafrique

Visitez nous

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here