Togo : L’opposition appelle la CEDEAO à ses responsabilités et retourne dans les rues

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Photo: Jean-Pierre Fabre, Chef de file de l’opposition 1er à gauche et Tikpi Atchadam Président du PNP deuxième

La coalition des 14 partis de l’opposition togolaise n’a pas du tout partagé le traitement fait par la CEDEAO de la transmission du communiqué ayant sanctionné sa rencontre de concertation tenue du 3 au 6 novembre dernier à Conakry en République de Guinée avec le professeur Alpha Condé, un des Présidents facilitateurs dans la crise togolaise.

A travers ses échanges avec la presse ce mardi 13 novembre 2018 à Lomé, le regroupement de l’opposition a exprimé son désaccord avec la CEDEAO sur ses préoccupations qui n’ont pas été pris en compte et appelle l’organisation à qui le règlement de la crise togolaise à été confié à  tirer les conséquences des violations répétées de la feuille de route par  le régime togolais.

L’opposition dit en substance par le biais d’une déclaration s’indigner de n’avoir reçu ce communiqué que le 12 de ce moi alors que le même communiqué circule sur les réseaux sociaux depuis le 9 novembre. Les premiers responsables de la coalition disent ne pas se reconnaître dans ce communiqué et dénoncent “la  manière cavalière et méprisante dont l’institution sous-régionale traite le peuple togolais en lutte…et les violations répétées de la feuille de route de la CEDEAO par le gouvernement et invite l’organisation sous-régionale à en tirer toutes les conséquences”.

L’occasion de la conférence de presse de ce jour a donc été l’ultime canal pour l’opposition togolaise de réitérer ses préoccupations qui n’ont toujours pas été pris en compte encore un fois à Conakry et qui feront l’objet de revendications justifiant une grande manifestation pacifique à la quelle elle appelle tous les togolais à se joindre le samedi 17 Novembre prochain à Lomé.

La plus grande représentation de l’opposition togolaise n’entend pas participer aux élections législatives en cours de préparation par le gouvernement togolais dans des conditions qu’elle juge inadmissibles. “On a affaire à des gens têtus qui veulent nous forcer à aller boire à leur rivière… Nous n’irons jamais aux élections dans ces conditions avec le découpage électoral actuel”, a martelé Jean-Pierre Fabre, Chef de file de l’opposition.

La coordinatrice de la coalition Brigitte ADJAMAGBO, n’a pas manqué de renchérir ” personne ne peut nous obliger à nous présenter à ces élections… Nous serons dans les rues, s’ils nous appellent nous irons écouter et nous retournerons en suite dans les rues” a t-elle martelé.

Pour la C14 qui d’ailleurs appelle les togolais au boycotte des trois jours de prorogation supplémentaires du recensement électoral prévus pour avoir lieu du16 au 18 novembre prochain sur l’ensemble du territoire selon un communiqué rendu public par la CENI, il faudra d’abord satisfaire ses préoccupations aux rang des quelles figurent: le consensus sur la présidence de la CENI, la composition équilibrée des démembrements de la CENI à savoir les CELI et CLC, l’abandon de la présidence des CELI par les magistrats ès qualité, l’arrêt du processus électoral en cours entamé sans l’opposition et plus spécifiquement l’annulation du recensement du 1er octobre, l’adoption du scrutin uninominal à deux tours pour les législatives en cours d’organisation, le vote des togolais de l’étranger pour les législatives en cours de préparation, la réalisation des mesures d’apaisement qui consistent en la libération des détenus politiques, l’étude et l’adoption d’un découpage électoral équitable et conforme au principe un homme une voie admis en démocratie ainsi que l’adoption d’un recensements biométrique permettant la vérification formelle du porteur de la carte au moment du vote.

L’autre révélation phare étalée par la coalition au cours de cette sortie médiatique faisait comprendre que la C14 n’entend pas laisser ses 8 représentants prêter serment devant la cours constitutionnelle pour prendre fonction au sein de la CENI tant que ces différents points des ses préoccupations ne seront pas satisfaits.

Le bras de fer entre le pouvoir de Faure GNASSINGBE et son opposition reste et demeure à sa place pour ne faire que trop durer à coup de sacrifices humains à chaque manifestation dite pacifique. La CEDEAO encore une fois interpelée est à la croisée des chemins face au destin du peuple togolais.

Dieudonné MESSAN

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