Togo : Deuxième sortie d’Afrobaromètre en 2018.

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Photo: Hervé Akinocho, directeur de CROP

La liberté d’expression en temps de crise et l’intérêt porté par les togolais au processus de décentralisation en cours ont été les principaux objets de la deuxième enquête menée par le centre de recherche et de sondage d’opinions (CROP), branche togolaise d’Afrobaromètre au dernier trimestre de l’année 2017.

D’après le rapport final publié ce mercredi à Lomé par l’institution de recherche panafricaine qui en est à sa 7ème du genre dans le pays, il en ressort  sur la première préoccupation que la proportion des togolais se sentant libres d’exprimer leurs opinions est passée de 49% en 2012 à 60% en 2014  pour chuter à 39% en 2017.

Ce taux est plus renforcé dans la région centrale où les cries sociopolitiques en cours dans le pays ont une connotation plus accentuée.

Dans la région, notamment à Sokodé et ses environs, les indicateurs affichent une baisse  inquiétante de la liberté d’expression. Les pendules indiquent une chute de 75 à 45% entre 2014 et 2017.

Ces résultats conjugués, positionnent le Togo  au dernier rang des 13 pays africains où la même étude a été faite.

« Le processus de démocratisation pose  les condition pour un certain nombre de droit et l’un des droits fondamentaux dans une démocratie reste le liberté d’expression des citoyens et si en période de crises cette liberté d’expression doit être retirée on ne se retrouve plus dans une démocratie. Il faut donc que des efforts soit faites pour que les acquis démocratiques soient conservés pour l’avancement du pays ». A estimé Hervé Akinocho, Directeur de CROP.

L’autre sujet, est relatif à la décentralisation dans le pays qui reste et demeure à ce jour  le seul territoire dans l’espace CEDEAO où les élus locaux sont encore nommés par l’exécutif.

Conformément à sa constitution qui stipule en son article 141 que la république togolaise est organisée en collectivités territoriales sur la base du principe de décentralisation dans le respect de l’unité nationale, le pays s’est engagé dans ce processus qui, quoi qu’on dise, reste encore à l’étape embryonnaire.

Selon les chiffres avancés  par le rapport, 45% des togolais pensent que ce sont les électeurs en premier lieu qui doivent s’assurer que les conseillers municipaux , communaux  font leur travail bien loin devant les  autres mécanismes institutionnels que sont l’Assemblée nationale, la collectivité locale ou l’exécutive.

De même, toujours d’après le même rapport,  62% de togolais affirment être prêt à participer aux réunions publiques organisées par leur commune pour comprendre comment les fonds des contribuables sont utilisés pour influencer les actions du conseil communal.

Il apparaît clairement à travers ce rapport que les togolais, dans leur grande majorité, quel que soit leur niveau d’instruction sont prêts à s’engager pour le contrôle de l’action de leurs élus locaux.

La finalité de ces publications d’après les premiers responsables d’Afrobaromètre est de permettre à l’opinion tant nationale qu’internationale de disposer de données fiables sur la place à accorder aux citoyens togolais dans ce processus en vue de faire de la décentralisation un véritable levier de développement à la base.

Dieudonné Messan.

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